Interview Emmanuelle Urien Lauréate du prix littéraire

salon du livre du net







photo de Emmanuelle Urien

Emmanuelle Urien


Emmanuelle Urien fut récompensé par le salon du livre du net pour son recueil de nouvelles Toute humanité mise à part. Emmanuelle Urien 36 ans, se définissant alors comme écrivain multicartes....


salon du livre : - Un résumé de votre Parcours hors littérature ?

Emmanuelle Urien : - Études universitaires en langues, lettres, gestion internationale. Traductrice, responsable commerciale, chef de projet télécoms... un peu partout en France et ailleurs. Rien de grave, en somme.


- Votre Ambition artistique ?

Je ne me suis jamais posé la question. C'est trop conceptuel pour moi... que mes écrits touchent les lecteurs ?

salon du livre : - Vos références littéraires ?

Emmanuelle Urien : - Pour commencer, à peu près tout ce qui, se trouvant à portée de main, se lisait. Ensuite, la même chose, avec un peu plus de discernement. Les auteurs aux programmes des collèges et lycées, et plus tard, de la fac. Sur ce principe on peut très bien, d'ailleurs, prendre en grippe certaines de ses références littéraires... (volontairement je ne cite pas de noms, ils sont trop nombreux, et je les aime trop pour prendre le risque d'en oublier.)


- Quand avez-vous commencé à écrire vraiment ? Vous avez alors immédiatement souhaité montrer ?

Qu'est-ce que vraiment écrire ? J'écris depuis que je lis avec, au fil du temps, l'évolution qu'on peut imaginer. Et montrer, c'est depuis toujours, dans les limites de ma timidité. Comme quand on parle, souhaiter être entendu. Je ne crois pas aux ermites.

- Ecrit-on d'abord pour soi ? Pour mieux se connaître ?

Je ne peux pas répondre au nom de on, j'imagine que chaque cas est différent. En ce qui me concerne, j'écris parce que c'est la seule manière d'exprimer véritablement ce que je ressens, ce que je vis, ce que je pense. Je ne suis pas très douée pour parler. J'ai souvent besoin du temps de la réflexion ou bien, au contraire, sur un sujet précis, il m'arrive d'être plus spontanée à l'écrit qu'à l'oral. J'écris donc, je suppose, pour donner un peu de poids à mon personnage. Pour lui permettre d'exister. Surtout, j'écris parce que j'aime ça et que, quand j'écris, je ne pense qu'à cela. Et je ne crois pas me connaître mieux pour autant.


- Avez-vous un aphorisme pour décrire vos nouvelles ?

Jusqu'à présent, je n'ai rien trouvé de mieux que court, noir, sans sucre , le titre de mon premier recueil, qui s'applique assez bien à ce que j'écris en général. Parce qu'à mon sens, la nouvelle est un genre qui ne tolère pas les fioritures ou les édulcorants.


- La nouvelle passe inévitablement par les concours ?

Spontanément, je serais tentée de répondre : mais non, bien sûr ! comme si c'était une évidence. Et puis, à bien y réfléchir, ce n'est plus aussi simple. La nouvelle d'aujourd'hui, la nouvelle débutante —comme le sont les miennes—, c'est probable. Parce que la nouvelle est une sorte de passage obligé pour les auteurs en herbe (assez vite écrite pour être vite lue et vite jugée, soit un bon retour sur investissement), et que les concours fourmillent. Ils offrent la possibilité d'être lu et jugé dans un contexte relativement objectif (l'objectivité, dans ce domaine, restant évidemment un leurre), offrant ainsi la perspective d'encouragements spécifiques qu'il est difficile de trouver dans le cercle de ses proches. Et les concours sont, à tout le moins, une manière d'enrichir son vivier de créations. C'est un monde merveilleux, comme celui des contes. À condition de ne pas s'y enfermer.

- Sur votre site il est noté : Je l'ai dit plus d'une fois, les concours, j'essaie d'arrêter...

C'est essentiellement une boutade, mais il y a du vrai, qui se rapporte à ce que je disais plus tôt : il faut savoir considérer les concours comme une étape, et pouvoir en sortir. Personnellement, j'ai trouvé dans ce microcosme de quoi enchanter la vie de quiconque : d'agréables distinctions concernant mon travail d'auteur, des rencontres allant du passionnant au loufoque et, last but not least, je m'y suis fait beaucoup d'amis. Dans ces conditions, difficile de trouver les motivations pour arrêter : contrairement à la cigarette, concourir ne tue pas. Mais l'envers du décor, c'est le temps passé sur des thèmes et des contraintes pas toujours très enrichissants, l'enfermement dans un format, et ce côté compétition qui, même quand on ne le prend pas au sérieux, supplante parfois le plaisir d'écrire. Alors oui : les concours, j'essaie d'arrêter. Ça fait six mois, je suis parfois tentée, mais je tiendrai bon.


- La nouvelle semble être le domaine où vous vous exprimez le mieux... d'autres formes ?

Une forme privilégiée : l'erreur de jeunesse. Et j'en commets encore. Poésie, théâtre et roman, tout y est passé. J'ai actuellement deux romans en chantier... depuis deux ans. Chaque fois que je me remets à l'un ou à l'autre, je trouve un prétexte pour écrire une nouvelle. Depuis quelques mois cependant, j'ose affirmer haut et fort avec ma petite voix, qu'une fois achevé mon 4e recueil (celui sur lequel je travaille actuellement), je n'aurais plus de pensée que pour mon roman. La suite au prochain épisode...

- Le troisième recueil sort quand ?

Il paraît en mars chez Gallimard , et s'appelle La collecte des monstres.


- Où est distribué Toute humanité mise à part ?

L'éditeur, Quadrature, étant belge et de format modeste (mais il grandit), il faut le commander —chez n'importe quel libraire (il est référencé dans les bases Electre et Dilicom).


- Peut-on vivre de ses droits d'auteur, avec la nouvelle ?


Pas ces jours-ci, non.


- Qu'attendez-vous d'internet ?

Des contacts impossibles autrement, et une grande spontanéité : je reçois des messages de personnes qui ont lu mes livres (ou des nouvelles sur mon site) à l'autre bout du monde (je schématise, mais c'est à cela que ça revient), je leur réponds (mais j'ai du courrier en retard, pardon), nous correspondons quelquefois assez longuement. Internet permet de s'exprimer alors qu'on n'aurait jamais osé autrement, j'en sais quelque chose. C'est aussi une source d'informations inépuisable. Le tout est de garder un certain recul, et un peu de discernement sur ce qui s'y dit.

Vos réactions



Votre avis



sur le forum : Le webzine gratuit consacré à Gérard Glatt lauréat Prix littéraire 2017
LIRE PROPOS et commentaires.